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Vous trouverez ci-dessous une lettre envoyée à Ségolène Royal et publiée par la première interessée dans l'excellentee lettre d'information de Désirs d'avenir.
Sans commentaire !
http://www.desirsdavenir.org/
Je suis toujours avec grand intérêt votre parcours. Âgé de 72 ans avec mon épouse, nous avons élevé neuf enfants et actuellement nous avons douze petits enfants.
Je suis très inquiet sur l'avenir et surtout sur le pouvoir d'achat et les charges que nous subissons. Depuis combien d'années, devons-nous faire des efforts pour sauver la sécurité sociale ?
La franchise qui nous subissons ne sera pas une économie bien au contraire, moi-même opéré de deux cancers, diabétique et coeur malade, j'ai un lourd traitement à raison de 23 boites par mois, plus le laboratoire et les consultations. Malgré mes 100%, certains médicaments ne sont pas remboursés. Nous avons une petite retraite de 1350 euros par mois, le loyer, le gaz, l'électricité, les impôts, notre mère de 90 ans en maison de retraite, nous avons aussi une participation à ses frais et nous vivons sans faire d'extra. Nous ne sommes pas les seuls malheureusement, je vois des personnes jeunes et âgées fouiller les poubelles des grandes surfaces.
Pour 2008, j'ai été obligé d'arrêter ma complémentaire et je ne pourrais pas prendre tous mes médicaments, donc je me rendrais à l'hôpital pour me faire soigner, ce qui ne sera pas une économie. Le forfait journalier étant sans complémentaire, je demanderai une aide avec la honte d'en arriver là à 72 ans.
Je n'espère pas aller jusqu'à la fin du mandat présidentiel vu ma maladie qui s'aggrave, mais j'espère et surtout, je souhaite le jour où vous arriverez au pouvoir, que vous penserez à toute cette misère. J'ai travaillé à 14 ans et j'ai fini à 60 ans pour une retraite de misère. Ma femme avec 9 enfants ne travaillait pas et ça ne lui a pas rapporté grand chose, si la médaille française.
Je m'excuse de cette présente, mais j'ai besoin de m'exprimer.
Je vous prie de croire, Madame, à ma très respectueuse considération.
Monsieur Georges P.
Nicolas Sarkozy voyage, en Chine, en Algérie, en Inde. Partout, il est suivi par Anne Lauvergeon, présidente d'Areva, prête à louer la
technologie nucléaire française reconnue mondialement comme une des meilleurs.
Ainsi depuis l'élection de N Sarkoy, des projets voient le jour dans de nombreux pays du bassin méditéranéen, dont certains sont dirigés par des politiques ou des militaires
pas forcément recommendables. Les derniers pays approchés sont la Lybie, l'Algérie, l'Egypte, le Maroc mais également quelques pays du Golfe persique comme ll'Arabie Saoudite,
Abou Dhabi.
L'atome qui faisait peur est de nouveau en vogue. Il est vrai que l'énergie nucléaire n'est pas dépourvue de qualité dans un monde énergétique ou les réserves
d'énergie fossile se raréfient. Cependant, la filiaire nucléaire est à la fois suffisant complexe et non sans risque de détournement de la technologie civile vers des fins militaires
pour qu'un maximum de précautions soient prises dans le cadre de l'installation de centrales dans certains pays.
On est alors en droit de se demander quelles sont les motivations profondes de Nicolas Sarkozy à mettre tant de bonne volonté jouer le VRP de l'atome :
---> Souhaite-t-il damer le pion aux Etats-Unis contrant WestingHouse autre grand vendeur de centrales nucléaires clé en
main, ou s'affirmer auprès de l'Allemage soucieuse de l'avenir de Siemens ?
---> Veut-il prendre une longueur d'avance diplomatique dans les pays du magreb et dans le golfe persique, flattant ces pays,
leur accordant la confiance de la France ?
---> Veut-il remplir le carnet de commande d'Areva, dans une période ou des incertitudes planent sur la recomposition du capital de
l'entreprise ? Il est vrai qu'un carnet de commandes plein à craquer ne déplairait pas aux prétendants (Alstom, Bouygues) à la prise de participation dans Areva. Certains de ces
prétendants comme Bouygues qui trouve ainsi des marchés très conséquents de gros oeuvre des batiments réacteurs des centrales, seraient ravis de l'opération et
"rentabiliseraient" ainsi à plein leur soutien à N Sarkozy durant la campagne présidentielle. Car en fait, même si tous ces pays ont des arguments légitimes pour accéder à
l'énergie, il n'est pas sûr que certains pays disposant de ressources naturelles soient les pays pour lesquels la construction de centrales nucléaires est indispensable dans
l'immédiat. Il se trouve que ces pays sont largement solvables et sont intéressants pour les pays européens afin d'asssurer encore pour plusieurs années une fourniture conséquentes de
produits pétroliers indispensables à l'économie européenne. Un échange économique de cette envergure est alors plus profitable pour les pays européens
Quelles que soient les motivations louables ou criticables de N. Sarkozy, il est étonnant d'assister à ce démarchage solitaire du chef de l'état Français dans un silence internationnal
assourdissant. La question traitée est trop importante pour qu'un seul chef d'état reste ainsi libre de mener ces changements stratégiques. Certes, quelques protestations allemandes et
l'expression de préoccupations scandinaves ont été émises. Mais cela est bien faible face aux enjeux.
Il serait souhaitable que l'Union Européenne, mais également de l'AIEA (Agence Internationnale de l'énergie Atomique) et le WEC (Conseil Mondial de l'Energie ou Word
Energy Council), transmettent des réactions voire des contres-propostion.
Il serait également souhaitable que le débat soit ouvert en France, à la fois au niveau politique (un débat à l'assemblée Nationale serait intéressant), mais également dans l'opinion afin
que les vrais problèmes soient présentés aux Français et non masqués par "le poid des mots et le choc des photos" d'un président et de sa starlette de compagne.
Quasiment dans l'indifférence complète liée à la trêve des confiseurs, le gouvernement a créé par décret le fichier informatisé ELOI.
Ce fichier permet de collecter les informations relatives à l'état civil des étrangers en situation irrégulière et expulsables ou frappés d'une mesure de reconduite à la frontière. Cet outil informatique est créé durant une période difficile pour Mr Hortefeux qui peine à atteindre l'objectif de 25000 reconduites à la frontière fixé par Nicolas Sarkozy. Sans doute que ce fichier sera un outil précieux pour faciliter les travaux d'expulsion.
Une première tentative de création d'un tel fichier en 2006 avait été entreprise par le ministère de l'intérieur à l'époque où Nicolas Sarkozy le dirigeait. Le texte plus répressif prévoyait de conserver les données 3 ans. La tentative d’appliquer ce texte avait échouée face à un recours déposé au Conseil d'état. Cette fois, le texte, qualifié d'inattaquable par le gouvernement a été approuvé par la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté) et par le Conseil d'Etat.
Cependant, l'approbation de la CNIL et du Conseil d'Etat n'ont pas calmé les associations comme France Terre d'Asile, la Cimade ou SOS Racisme. Ces associations reprochent à juste titre que cet outil reste un outil de "flicage" des sans papier mais également de ceux, en situation régulière ou Français de souche, qui aident ceux qui sont visés par les mesures de reconduite à la frontière.
Mais la mesure qui reste la plus contestable est celle consistant à conserver trois ans les informations relatives aux enfants mineurs des étrangers fichés. Pourquoi conserver ces données trois ans alors que la durée de rétention des autres informations de ce fichier a été ramenée de 3 ans à 3 mois ? Sans doute la conservation de ces informations permettra-t-elle de suivre les enfants dans les écoles de la république Française et éventuellement les expulser dès que possible.
Ce fichier reste un instrument de répression d'étrangers, vus par l'état comme des délinquants. Une vision un peu étroite du problème de l'immigration.
Le réseau bancaire est satisfait. Il a obtenu un joli cadeau de Noël, cadeau demandé à de nombreuses reprises et enfin obtenu : La distribution du Livret A.
Quelle bonne nouvelle pour les banquiers. 116 milliards d'encours des Français, alors réservés à La Caisse d'Epargne et La Poste sont enfin accessibles pour les banques. C'est une jolie aubaine à capter pour quelques profits supplémentaires. Les banques utiliseront la force de frappe de leur réseau commercial pour contacter leur client pour leur annoncer la bonne nouvelle. Il est fort à parier que les banques se tourneront plutôt vers leurs clients plutôt aisés qui ont déjà un Livret A rempli jusqu'au plafond légal. Les détenteurs de Livret A au solde de quelques centaines d'Euros (voir moins) ne les intéressent pas. Elles n'en veulent pas comme client alors que souvent, le Livret A représente pour ces personnes le seul compte disponible pour recevoir de l'argent et pouvoir en retirer.
Et il ne faut pas attendre des banques qu'elles se contentent de diffuser le Livret A sans inciter leur clients à déplacer l'épargne placée sur le Livret A vers des placements plus rémunérateurs, parfois plus risqués mais pas toujours (l'assurance-vie présente peu de risque), mais surtout moins solidaires. C'est sur ce dernier point que la mesure prise par le gouvernement de François Fillion est lourde de conséquences. Les fonds récoltés par le Livret A assurent à la Caisse des Dépôts un encours important pour financer des investissements utiles à l'ensemble de la collectivité (logements sociaux, équipements publics de collectivités locales, ...).
Si ces fonds diminuent, ce qui fort probable sur le moyen terme compte tenu des intérêts des banques à transférer ces fonds vers d'autres placements, c'est un système de financement indispensable à notre société qui est remis en cause. Cela est grave et surtout incohérent par rapport au discours politique de Nicolas Sarkozy, dont les visites d'EuroDisney semble lui faire perdre le sens des réalités.
- Comment financer du logement social tant promis durant la campagne présidentielle si le fonctionnement d'un des systèmes de financement est brisé par une mesure destinée à faire plaisir à quelques soutiens politiques ?
- Comment être proche des personnes modestes, voire pauvre (disons-le) si une mesure les prive d'accès à un "service public" du système financier.
Bien sûr, il y a incohérence. La réforme au pas de course de Nicolas Sarkozy brise un certain nombre de règles qui sont pourtant très bonnes pour la cohésion de notre société. Mais les effets de ces changements se manifesteront à moyen terme.
