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Samedi 22 décembre 2007 6 22 /12 /2007 12:06

Le réseau bancaire est satisfait. Il a obtenu un joli cadeau de Noël, cadeau demandé à de nombreuses reprises et enfin obtenu : La distribution du Livret A.

Quelle bonne nouvelle pour les banquiers. 116 milliards d'encours des Français, alors réservés à La Caisse d'Epargne et La Poste sont enfin accessibles pour les banques. C'est une jolie aubaine à capter pour quelques profits supplémentaires. Les banques utiliseront la force de frappe de leur réseau commercial pour contacter leur client pour leur annoncer la bonne nouvelle. Il est fort à parier que les banques se tourneront plutôt vers leurs clients plutôt aisés qui ont déjà un Livret A rempli jusqu'au plafond légal. Les détenteurs de Livret A au solde de quelques centaines d'Euros (voir moins) ne les intéressent pas. Elles n'en veulent pas comme client alors que souvent, le Livret A représente pour ces personnes le seul compte disponible pour recevoir de l'argent et pouvoir en retirer.

Et il ne faut pas attendre des banques qu'elles se contentent de diffuser le Livret A sans inciter leur clients à déplacer l'épargne placée sur le Livret A vers des placements plus rémunérateurs, parfois plus risqués mais pas toujours (l'assurance-vie présente peu de risque), mais surtout moins solidaires. C'est sur ce dernier point que la mesure prise par le gouvernement de François Fillion est lourde de conséquences. Les fonds récoltés par le Livret A assurent à la Caisse des Dépôts un encours important pour financer des investissements utiles à l'ensemble de la collectivité (logements sociaux, équipements publics de collectivités locales, ...).

Si ces fonds diminuent, ce qui fort probable sur le moyen terme compte tenu des intérêts des banques à transférer ces fonds vers d'autres placements, c'est un système de financement indispensable à notre société qui est remis en cause. Cela est grave et surtout incohérent par rapport au discours politique de Nicolas Sarkozy, dont les visites d'EuroDisney semble lui faire perdre le sens des réalités.

  • Comment financer du logement social tant promis durant la campagne présidentielle si le fonctionnement d'un des systèmes de financement est brisé par une mesure destinée à faire plaisir à quelques soutiens politiques ?
  • Comment être proche des personnes modestes, voire pauvre (disons-le) si une mesure les prive d'accès à un "service public" du système financier.

Bien sûr, il y a incohérence. La réforme au pas de course de Nicolas Sarkozy brise un certain nombre de règles qui sont pourtant très bonnes pour la cohésion de notre société. Mais les effets de ces changements se manifesteront à moyen terme.

Par François - Publié dans : Actualités nationales
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